Héritage Historique et Généalogique Familial

Soeur Marie-de-St-Camille-de-Lellis

NOTICE BIOGRAPHIQUE DE Soeur Marie-de-St-Camille-de-Lellis

(Marie Dionne)

Décédée le 1 novembre 1965 dans la 90e année de son âge et la 69ieme de sa vie religieuse

Tout par vous,

Rien sans vous,

O Marie!


Presque nonagénaire, elle aime revivre le souvenir de son adolescence, et proclamer sa gratitude envers Marie. Que de protections je lui dois! disait-elle, émue. Entre autres, voici: mes études élémentaires terminées à North Caribou, je devais poursuivre mon cours au High School situé à six ou sept milles de mon foyer. Facile paraissait I’arrangement, puisque ma pension chez mon grand-père renouvellerait de joyeuses quinzaines passées à sa demeure
durant les vacances. Or, dès mes premiers jours de scolarité à la ville, une insurmontable nostalgie me fit perdre sommeil, en sorte que mon aïeul jugea nécessaire de me renvoyer à ma famille. Plus tard, je réalisai que la Sainte Vierge voulut par là, me soustraire à des relations nuisibles à mon avenir.


En avril suivant (1891) lorsque les Soeurs du Bon-Pasteur ouvrirent leur écoie à Van Buren, j’en devins la première élève, demeurant chez mon oncle, dans le voisinage du Couvent. Et septembre venu, je me trouvai la première pensionnaire de cette Institution. Sans abdiquer le naturel pour mes parents, je ne regrettai plus l’éloignement de OId Town, ma paroisse natale. D’ailleurs, l’ennui m’était impossible avec mon horaire chargé: car, en dépit d’une heure et demie de pratiques musicales soustraite quotidliennement, à mon temps d’étude, je tenais au premier rang de ma classe. Et que d’activités supplémentaires me valait mon titre de présidente des Enfants de Marie! Ma réception dans cette Confrérie m’avait paru mon plus riche cadeau en l’anniversaire de ma naissance qui date du 8 décembre 1875


Déjà son caractère entier paraît si I’on en juge par cette confidence de sa part: Au jeune Couvent de Van Buren, les grandes veillaient à la réputation de leur pensionnat. Or, indignées des impolitesses d’une élève sortie de je ne sais quelle région, les Congréganistes, Marie Dionne en tête, demandent I’expulsion de la fanfaronne et terminent leur
plaidoyer disant: Mère Supérieure, si elle reste, nous partirons. . . Le soir même, X. était remise à ses parents et les grandes Enfants de Marie de renouveler leur ferme vouloir
d’entrainer leurs jeunes compagnes dans la voie du bien.


Chef de file au pensionnat, MIIe Dionne le devient de la nombreuse phalange de vocations sorties de son Alma Mater, lorsque, non sans luttes intirnes, elle entre au postulat le 17 décembre 1896. Quitter un monde avide de la retenir, lui est moins pénible que de briser le coeur d’un père tendrement aimé qui lui refuse I’autorisation de se faire religieuse. Elle sait qu’il tiendra sa parole de ne pas la visiter si elle persiste dans sa vocation. Jusqu’à l’âge de majorité, elle a différé sa réponse à I’appel. De deux amours, elle choisit maintenant le plus sublime et son « Me voici Seigneur » manifeste un héroisme dont le Maitre évalue le mérite.

Désireuse de parvenir à la perfection, sensible à ses moindres écarts du règlement, I’aspirante ne peut aller au repos nocturne sans les avoir avoués à sa Mère Maîtresse. « Après
ces déclarations, dit-elle, j’éprouvais une joie intense ». Tant de bon vouloir mérite le voile blanc qui lui est donné le 24 juin 1897. Son nom de religion qui rappelle une mère toujours regrettée, convient à son amour des pauvres. Sa ferveur l’achemine strement vers l’émission des saints voeux, le 4 juillet 1899. Presque au lendemain de sa profession, elle est désignée pour le Couvent de Lawrence (Mass), mais on la revoit à Québec au nombre des participantes actives aux fêtes du cinquantenaire de I’institut, en janvier 1900. Son expérience des maisons locales achevée dans la République voisine, notre chère Sceur revient au noviciat terminer sa préparation aux vceux perpétuels. Une épreuve I’y attend. Sa faible santé qui l’éloigne fréquemment des exercices communautaires menace sa persévérance. EIle même déclare: « Une subtile tentation allait me devenir néfaste quand la Providence me délégua la seule religieuse capable d’influencer la volontaire Soeur St-Camille-de-Lellis.
Mue par une impulsion secrète, mon ex-maitresse du noviciat monte de I’hospice St-Charles, rue Gignac, à la Maison Mère et se rend à ma cellule. Je la reçois par cette froide parole: Mère, je m’en vais chez nous! Soeur Ste-Mathilde (Rhéaume) dénonce alors la ruse du malin, parle de fidélité à la grâce, et me fait révoquer ma décision. La paix rétablie dans mon âme angoissée m’inspire pour I’instrument du Seigneur une perpétuelle reconnaissance.

Notre vaillante Sceur retourne à sa première (mission) avant d’aller à Rivière-du-Loup, Charlesbourg, St-Georges Ouest. Ses rapports avec les élèves sont des plus aimables,
selon le témoignage de Mère Ste-Alphonsine-de-Marie, fondatrice du Carmel de Québec qui écrit: Quelles belles récréations nous passions près d’elle, même pendant les vacances! Ses entretiens ont suscité nombre de vocations religieuses, tant au Bon-Pasteur qu’en d’autres Communautés. EIle nous faisait part de son grand dêsir de se dépenser à l’ceuvre des Pénitentes « pour consoler le repentir ».

Les obédiences de 1924 comblent les aspirations de Sæur St-Camille-de-Lellis. Mais la pauvreté de la Maison Ste-Madeleine, récemment autonome, lui cause des soucis. Procurer le bien-être aux chères fllles n’est pas facile. Du moins aura-t-elle la joie de conduire au catholicisme une de ses protégées, laquelle lui écrira toujours fréquemment au sortir de la Maison de la rue Lachevrotière. Quitter son emploi à la réhabilitation constitue pour notre chère Sæur le plus grand sacrifice de sa vie.

Travailler au soulagement d’autres misères humaines compense alors l’amertume de son renoncement. L’Orphelinat Ste-Anne, Methuen, garde souvenir de son savoir faire. Une consceur écrit: « Elle m’a édiflée par son amour des infortunées, vivant ainsi I’article de nos Constitutions relatif à la fin spéciale de notre institut: le dévouement auprès des pauvres ».

Une synthèse des louanges fraternelles dépeint ses activités: « La dépression économique sévissait dans le monde; I’Orphelinat débordait de pensionnaires. Pour obvier à la pénurie de vêtements chez nos orphelines, au manque de ressources pour leur en procurer, elle groupe sous le titre: « Union Ste-Thérèse », des dames désignées « Auxiliaires » qui, au moyen de partie de cartes, de soirées charitables, recueillent les argents indispensables à I’achat des tissus. Un Ouvroir réunit ensuite au départernent de la confection, d’autres laïques, habiles couturières, heureuses de collaborer avec I’aimable religieuse. Soeur St-Camille-de-Lellis exulte alors d’une joie qui se renouvelle à l’arrivée des flllettes venant se choisir de jolies robes, des toilettes neuves. Auprès d’elle nombre de jeunes Sceurs apprirent à se livrer
sans calcul au bonheur des jeunes infortunées, ou des Dames
pensionnaires au Foyer Ste-Anne.

A l’automne 1933, notre chère Sceur est désignée membre du Conseil provincial de Biddeford en deuil de son Assistante. La haute intendance des æuvres d’hospitalisation dans cet important secteur de notre institut satisfait sa charité. Son accueil souriant, sa vie de prière, sa ponctualité font impression. En outre, ici se rejoignent deux témoignages représentant Sceur St-Camille-de-Lellis professeur de piano: l’un au début du siècle, à Lawrence; I’autre à la fin de sa carrière. <Consciencieuse, disent-ils tous deux, notre maîtresse ne se contentait que d’un travail à peu près parfait, demandant toujours davantage, provoquant l’effort vers
l’idéal. Je la trouvais sévère, ajoute la seconde, et je I’aimais pour son dévouement assaisonné de minuties, de patience, de douceur, voire de rares compliments. Elle se multiplia pour former des professeurs de musique pour notre province. « La règle avant le plaisir » semblait être son mot d’ordre. Néanmoins, elle jouissait des moments de détente communautaire et possédait le sens de l’hurnour.

Douze ans vécus au provincialat de Biddeford comptent parmi les plus heureux de sa vie, et les louanges qui en émanent encore après plus de trois lustres d’absence attestent que son passage y fut appréciable. Réciproquement, elle garda pour ses consceurs franco américaines, une impérissable affection.

En 1945, les obédiences désignent pour la Maison Notre-Dame de la Garde récemment ouverte à Cap Rouge, Sæur St-Camille-de-Lellis toujours sympathique envers les adolescentes à réhabiliter. En vue d’assainir leurs mceurs, elle les persuade qu’il existe des plaisirs excellents, leur apprend de bonnes chansons, de belles danses honnêtes; elle tient à donner en chaque pièce qu’elles habitent, la place d’honneur au crucifix dont la vue invite à la prière, à I’amourde celui qui nous a tant aimés.

Malheureusement, la tâche se fait lourde à la septuagénaire. Bientôt notre digne ancienne est en permanence à I’infirmerie. L’Onction des Malades qu’elle reçoit le 17 novembre 1948, lui sera plus d’une fois renouvelée. Objet de sa particulière dévotion, le Sacré-Cceur s’en fait une apôtre qui diffuse largement de merveilleux sachets contenant une conyention avec ce Coeur adorable et autres menus articles pieux. Les protections attribués au port de cet
objet de sa confection I’enthousiasment, et pour satisfaire sa clientèle, son recours à des aides bénévoles manifeste sa confiance en Dieu. Après cinquante, soixante ans de profession religieuse, ne pourrait-elle pas s’approprier I’expression de sainte Thérèse d’Avila: « Je me meurs de ne pas mourir.)

Enfin, le 7 novembre 1965, I’appel se fait entendre et requiert une quatrième fois I’Onction des Malades. En éprouve-t-elle de la joie ? Son apparente inconscience permet d’en douter,

Le 8, à une heure et quarante, du matin, Sæur St Camillo de-Lelis est admise à oontempler son Dieu. Un mois lui manque pour compléter ses quatre-vingt-dix ans; mals qu’importe à l’Éternel nos décennies terrestres ? À ses yeux, la valeur d’une âme se calcule à son amour: amour de Dieu et du proohain pour Dieu.

Maison-Mère du Bon-Pasteur
Anniversaire de la fondation du Bon-Pasteur
Québec, 12 janvier 1966

Document original procuré chez les Soeurs du Bon Pasteur.

  • Il y a une erreur sur le nom de la mere de Marie, cette erreur est reconnue et le nom officiel est bien Célina Beaulieu.
  • Née : 1875-12-08
  • Père : Louis Dionne
  • Mère : Célina Beaulieu
  • Lieux de naissance : Old Town, Maine
  • Entrée en religion : 1896-12-17
  • Prise d’habit :    1897-06-24
  • Profession religieuse : 1899-07-04
  • Décès : 1965-11-09

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