Lettre du prêtre elzéar bergeron envoyé a monseigneur labrecque. évèque de chicoutimi.
Mistassini, 28 oct. 1900
Dossier 219 Pièce 5

Monseigneur, Encore aujourd ‘hui une épitre. Je suis sûr de vous causer beaucoup de trouble. Mais j’espère que vous ne m’en voudrez pas trop longtemps. Une difficulté assez sérieuse vient de surgir à Péribonca et me cause beaucoup d’inquiétude.
Les gens ne veulent plus payer leur souscription volontaire. Ils la payeront, disent- ils, quand les travaux de la chapelle sepont terminés et si l’ouvrage leur est agréable. Les travaux sont quelque peu retardés. par suite du bois à lambris qui n’est pas assez sec pour être employé maintenant, à l’intérieur, l’extérieur est quasi fini. Notre petite chapelle aura bonne mine et sera proprette à l’extérieur quand elle aura une couche de peinture et un clocher.
On se défie de moi, c’en a l’air, on se monte la tête avec peu de chose et alors on se tient à distance du prêtre; et plusieurs âmes en souffrent. J’ai usé de douceur, j’ai essayé rigoureusement de leur faire comprendre leur devoir, et rien ne fait.
je crois que ces gens ne seraient pas capables seuls de faire ce qu’ils font, mais je crois qu’ils ont un chef dans la personne de Monsieur Louis Dionne, syndic, qui voudrait payer ses droits envers l’église avec des promesses et qui conduit ces gens là où ils n’iraient pas seuls.
Je voudrais me tromper, j’en serais heureux, mais on m’a averti de la chose et je pourrais sans cela, aussi, supposer à Monsieur capable d’un tel acte.
On en veut à Mons. Niquette; on voudrait le faire destituer comme syndic, et, je suppose, ou croit que Mons. Niquette c’est moi.
Pourtant je-Suppose, cet homme a fait son devoir depuis que Péribonka existe, et si Monsieur Niquette n’avait pas été là, aujourd ‘hui il n’y aurait pas encore de chapelle et il n’y aurait pas eu d’école l’année dernière pour la mission si Monsieur Niquette l’eusse voulu. Je ne veux pas faire l’apologie de cet homme, il a aussi ses défauts, mais c’est un homme de mérite et c’est lui qui est le bras droit du prêtre dans les affaires matérielles et spirituelles.
Monsieur Louis Dionne ne veut pas etre syndic, il m’a averti qu’il voulait se retirer, et si vous voulez le remplacer je vous suggéreral le mon de monsieur Louis Larouche. Comment régler mon cas, si ces gens ne veulent pas payer leur souscription ? Peut-On les forcer légalement, de quelque façon, pour payer cette affaire de construction et de parachèvement de leur chapelle soit v.g. par une répartition légale. – Remarquez Monseigneur, qu’il y a plusieurs colons, 6 ou 7 qui ont payé leur contribution. Remarquez aussi que ces travaux ont été entrepris parce qu’ons ont fait des avances à Votre Grandeur pour les faire entreprendre. Il serait bon peut-etre aussi de leur faire comprendre qu’il est absolument nécessaire de vendre les Bancs et que vous exigez la chose comme moyen indispensable de faire vivre leur petite fabrique. Les petites miseres me chagrinent passablement mais j’espère que le bon Dieu, s’il ne veut pas qu’elles se règlent bientot, me donnera toujours la force de les supporter.
Je pense réussir à ouvrir l’école de Péribonca bientôt et je compte lå encore sur la bonne volonté des gens qui n’en ont pas beaucoup
Monseigneur, veuillez prier pour moi. Votre fils en N.S. Elz. Bergeron, Ptre.

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